Un temps, un lieu, une action

 


C’est la règle des 3 unités du théâtre classique destinée à rapprocher le scénario des pièces le plus possible de la réalité. La réalité à cette époque, c’était la nature, l’homme et Dieu, trois castes représentées par l’église, les gentilhommes et le reste, hommes et animaux. 

Cependant, toute tordue qu’elle était, cette représentation conjuguait dans la réalité l’immanence et la transcendance, la création et le Créateur. Or, il s’avère que cette combinaison a engendré les plus grandes œuvres d’art de tous les temps et, qui dit oeuvres d’art dit niveau de conscience élevé ou, intelligence subtile de la réalité en tant que clé de la transcendance et, tout au moins comme lui étant liée.

A la fin du 19éme siècle, la perte de la transcendance dans la société s’est retrouvée dans l’art ‘moderne’, impressionnisme, cubisme et autres formes qui ont détruit à jamais l’harmonie et la puissance de l’art classique.

Ceci dit, la règle des 3 unités est une règle humaine, s’appliquant à un domaine limité mais, en tant que règle, elle appartient à la réalité cachée, comme dirait Bernard d’Espagnat, au monde invisible qui est la référence secrète du nôtre, au deuxième ciel que créa Dieu en même temps que le nôtre, à la réalité invisible qui peuple notre univers, notre vie de ses manifestations et de ses lois.


Maintenant, imaginez un oisillon qui s’élance pour la première fois hors du nid ! 

Certes, il a vu ses parents s’envoler, se jeter dans le vide mais entre voir et faire … La première fois, c’est un acte de foi ! L’oisillon doit croire qu’il arrivera à faire pareil et, sur cette idée, il se lance dans le vide, déploie ses ailes, les bouge et il s’aperçoit qu’il ne tombe plus, qu’il se supporte dans l’air et quelques secondes plus tard, il sait orienter ses ailes pour profiter des courants, monter et descendre à son gré. 

Que de règles n’a t-il pas découvert en ces quelques secondes de vol ! Mais ces règles que son ‘instinct’ a instantanément perçues et utilisées et qui lui permettent de se diriger dans l’air, ce sont des règles de physique or notre oisillon n’est certes pas physicien !

Non seulement il n’est pas physicien mais quelques jours plus tard, il suit avec ses frères et sœurs maman oiseau au bord d’une fontaine de jardin à côté de laquelle se trouve une jeune femme la main tendue et pleine de graines, main sur laquelle est deja posé un bouvreuil qui picore allègrement ! Et lui aussi, petit oisillon d’un jour regarde la jeune femme avec reconnaissance en poussant des petits cris de joie.

Autre règle, la confiance !!!

Les règles sont ce que Bob appelle l’esprit naturel flottant dans l’air. Les règles sont le substrat de notre monde, elles sont, comme l’énergie du vide, elles apparaissent quand on les cherche, elles sont ce que l’homme révère le plus, elles sont l’architecture de tout ce qui est, de tout ce qui peut être.

Notre univers, notre vie sont fait de règles, physique, mathématiques, économie, société, de la plus primitive à la plus évoluée, art, sport, tout repose sur des règles, de nos plus infimes actions et croyances aux plus grandes. Des jeux d’enfants, des semailles du blé à la physique quantique, il y a des règles partout et pour tout.

La règle, c’est l’outil de mise en relation de deux principes. Or, le monde des idées de Platon pourrait bien être le monde des règles !


(…)


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La Prophétie de Noé

La conscience: madame véto